Films : City Lights

clÉcrit par Jonathan Travers

City Lights nous plonge dans la vie d’un clochard grossier qui se lie d’amitié avec un homme millionnaire ivrogne et une jolie demoiselle non-voyante, de qui il tombera amoureux. Charlie Chaplin, le réalisateur et l’acteur principal du film, nous glisse dans ces péripéties afin de trouver de l’argent pour que la femme aveugle paye le loyer de sa grand-mère. Il va tenter plusieurs choses, en autre, faire cinquante dollars en gagnant un combat de boxe, mais sans succès. Il finira donc par « voler » mille dollars à son ami riche pour payer tout ce dont son âme sœur a besoin. Il y a plusieurs thèmes abordés dans ce film burlesque, mais je crois que celui qu’on retient le plus, c’est l’amour. Le mendiant (joué par Charlie Chaplin) ferait tout pour pouvoir rendre la jeune vendeuse de fleurs (jouée par Virginia Cherrill) heureuse. Il risque même sa propre vie pour le bonheur de cette femme. Avec les moments cocasses du sans-abri, le film est donc considéré comme une comédie romantique. À noter que c’est seulement la deuxième comédie romantique faite à ce jour, en 1931, la première étant Girl Shy de Fred C. Newmeyer. Un autre thème abordé dans le film est l’alcoolisme. Le type rempli aux as a de sérieux problèmes liés à l’alcool. Il est presque toujours ivre lors de l’histoire. Il est une tout autre personne lorsqu’il est à jeun. Son problème est lié au fait que sa femme la quittée. Le troisième thème abordé qui m’est venu en tête pendant le visionnement du film est plus subtil que les autres, mais n’empêche qu’il est là. Ce thème est l’homosexualité. Dans les années trente, l’homosexualité était quelque chose de complètement insensé. C’était perçu comme une maladie. Pendant le film, on peut apercevoir une complicité qui semble être plutôt homosexuelle entre le millionnaire et le mendiant. On peut aussi voir des tendances homosexuelles quand ce dernier tente de convaincre un boxer de ne pas lui faire mal. Il semble flirter avec le combattant opposé. Plusieurs autres thèmes sont abordés comme la pauvreté, la richesse, la ville, l’amitié et j’en passe.

cl2Chaplin utilise très bien le langage cinématographique. Au tout début du film, on a une scène avec des gens importants qui dévoilent une statue faite pour la ville. Chaplin à ajouter à ces personnages un petit son très fatigant qui ressemble au son d’un kazoo. Ceci est clairement un clin d’œil au cinéma qui faisait désormais parler ses personnages. En premier temps, je me demandais si c’était voulu ou si c’était une erreur. Après mes recherches, j’ai compris que cela était voulu. Il y a aussi des raccords très intéressants. Encore au début du film, on voit la jeune femme aveugle qui récolte de l’eau d’une fontaine, et par la suite, on voit sa grand-mère qui cueille de l’eau dans ce qui semble être une vieille bouilloire. Ce raccord est clairement pensé. Ce film joue aussi beaucoup avec le champ/hors-champ. Vers le milieu du film, il y a une scène où le clochard pousse un homme pour voler un cigare au sol. Il s’enfuit par la suite en voiture et à ce moment, l’autre homme suit la trajectoire hors champ du véhicule du regard. Le hors-champ est intégré dans l’histoire, il y a une vie en dehors du champ de la caméra capte. Cet aspect est démontré de plusieurs façons ; l’arriver en voiture, les passants dans les rues, le boxeur qui revienne de leurs combats et encore plus. Pour ce qui est des autres éléments formels, le plan américain et le plan pied sont très souvent utilisés pour qu’on puisse voir tous les gestes des acteurs burlesques. Pour ce qui est du montage, il y a beaucoup de fondu sur image, ou de fondu au noir. Les scènes sont aussi coupées par des titres.

cl3Pour conclure, j’ai vraiment apprécié ce film de Chaplin. Nous pouvons reconnaitre que cet homme était fait pour être un comique. Il est un maître du cinéma et ce film nous le démontre très bien, tant qu’avec le fond que la forme. L’histoire suit un schéma admirablement construit malgré ces déviations vers des petites péripéties cocasses. J’ai adoré le jeu de l’actrice, Virginia Cherrill. Je me suis même demandé si elle était vraiment aveugle tellement j’y croyais. Le jeu des autres acteurs est aussi amplement bon, que ce soit Chaplin ou Myers. Le son attribué aux gens importants au tout début du film m’a vraiment agressé. Chaplin a réussi sa mission. J’ai eu un sourire en coin tout le long du film. Que dire de la fin, une très belle fin construite toute en souplesse. Probablement une des plus belles fins de films d’amour. Un classique qui risque d’être regardé encore dans plusieurs années.

9.5/10.

(Écrit dans le cours d’ »Histoire du cinéma » du Collège Lionel-Groulx avec un plan à suivre.)

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