Livres : Ma vie rouge Kubrick, Simon Roy

 

L97827646233291Écrit par Alex-Sandra Morissette 

ROY, Simon. Ma vie rouge Kubrick, Boréal, 2014, 163 pages

Tout d’abord, j’ai une confession à vous faire, la critique que vous vous apprêtez à lire est complètement biaisée. Simon Roy a été mon professeur préféré lors de mon parcours collégial à Lionel Groulx.  J’étais très enthousiaste à l’idée de lire son premier roman. J’ai également été très impressionnée par toute la reconnaissance que son livre a connue, salué par la critique et raflant plusieurs prix, dont le prestigieux Prix des libraires du Québec.

J’ai connu M. Roy en 2009, soit avant le suicide de sa mère survenu en 2013, comme le raconte le récit de Ma vie rouge Kubrick. Lire quelqu’un qu’on connaît est une expérience étrange. On réalise à quel point on connaît mal les gens que l’on côtoie. On ignore les démons, les faiblesses, les regrets de toutes ces personnes que nous voyons régulièrement, mais avec qui nous entretenons une relation polie, chacun s’efforçant de montrer qu’une version lisse et sans défaut de sa personnalité.

Au-delà d’un simple essai revisitant un succès cinématographique, le récit que nous offre M. Roy est l’histoire d’un homme hanté par une obsession, une fascination. Oui, par l’histoire de ce film d’horreur, mais surtout par celle de sa mère et de toute sa généalogie, presque aussi macabre que celle de l’Enfant Lumière. Ainsi, l’auteur se plonge dans ses souvenirs tout en faisant évoluer en parallèle la vie du jeune Danny Torrance et tout l’univers du film The Shining. Au début du récit, les souvenirs personnels de l’auteur côtoient timidement une analyse de son œuvre fétiche pour finalement devenir le principal intérêt de l’œuvre. Le récit est également ponctué de fait divers et anecdotes très intéressantes accumulés pendant toutes ces années et servies comme on présente sa collection de roches, avec passion et beaucoup de fierté, alors que vu d’un œil extérieur tout cet enthousiasme peut paraître un peu farfelu.

Malgré l’enthousiasme que je ressens pour l’œuvre dans son ensemble, je ne peux ignorer cet arrière-goût amer créé par quelques imperfections. Certaines tournures de phrases légèrement forcées, quelques enchaînements maladroits entre les différentes parties du récit et l’inconstance du ton rappellent et soulignent le caractère péjoratif du terme «premier roman».  Par moment, le style semble un peu forcé, un peu prétentieux, mais toutefois, l’originalité de la structure du récit, la richesse des procédés d’écriture et la sincérité du propos font largement oublier ces petits bémols. Bref, M. Roy mérite amplement les honneurs qu’il a obtenus, car son premier essai est excellent.

P.S. : Ça prend beaucoup de courage pour montrer ainsi ses imperfections, ses faiblesses, ses angoisses et pour cela je vous salue M. Roy.

8.5/10.

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