Films : Corbo

 11136697_1123655800993263_6607260723799973570_nÉcrit par Naomie Gelper

Corbo est le nouveau drame historique québécois de Mathieu L. Denis. Corbo, c’est aussi le nom d’un des plus jeunes membres du FLQ dans les années 60. Plus jeune d’une famille italo-québécoise aisée, Jean Corbo se fait recruter par Julie, une adolescente militante. Le film relate, sous la perspective de ce felquiste, les attentats qui se sont produits en 1966 et 1967 dans la province de Québec. Touchant et vrai, le film nous transporte totalement dans ces années de crise québécoise. Grâce au jeu de qualité des jeunes acteurs et la merveilleuse réalisation, le film nous rappelle ces faits réels en faisant monter en nous une pointe de rébellion.

Anthony Therrien dans le rôle de Corbo m’a tout simplement surprise. L’acteur, presque inconnu du cinéma québécois, a su faire ses preuves en nous présentant un Jean Corbo plein de fougue et d’ambition, prêt à tout pour son pays et non comme un jeune délinquant fauteur de trouble. Karelle Tremblay et Antoine L’Écuyer en font tout autant. Un trio de comédien crédible et senti. Ils symbolisent toute une jeunesse de l’époque, mais aussi une jeunesse encore vivante aujourd’hui qui semble déranger en disant ce qu’elle pense. Le film relie les époques et les générations.

Bien qu’il dure plus de deux heures, le film ne comporte pas de longueur, que l’essentiel y est présenté. Les silences sont précieux dans les répliques. Mathieu Denis a su créer et agencer les plans pour mettre en scène l’ambiance tendue et sombre de l’époque.

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Je dois évidemment mentionner la trame musicale qui rajoute à cette ambiance. La musique du film, dont le jazz de Dave Brubeck, ne comporte aucune parole sauf une pièce d’opéra vers la fin. Le choix musical est crucial et, ma foi, excellent.

L’oeuvre questionne véritablement l’identité québécoise et la question du colonialisme. Il éveille le/la militant-e en nous. Il laisse pour autant de côté l’aspect terrifiant du groupe et se concentre sur la détresse de l’époque en nous montrant tout de même tous les côtés de la médaille : les libéralistes, les felquistes, les radicaux, les confus, les morts innocents et les remords. Aux niveaux cinématographique et sociologique, le film est intéressant. Que vous soyez indépendantistes ou non, si vous vous intéressez un minimum à l’histoire des Québécois, cet hymne à la révolution est à voir pour se souvenir.

8/10.

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